La mémoire qui flanche

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par le Dr Sylvie Oxusoff-Etienne

La mémoire qui flanche ou : trou de mémoire

La mémoire ne s'use que si on ne s'en sert pas. Si le neurone est la cellule fonctionnelle du cerveau, les synapses sont les interconnexions qui se développent entre eux et qui déterminent le niveau de performance de nos fonctions intellectuelles.

Ces synapses sont des lieux de transmission de l'influx nerveux rendue possible grâce à des neurotransmetteurs chimiques tels que la sérotonine, la dopamine, l'acétylcholine, et ces lieux d'échange tendent à disparaître lorsqu'ils ne sont plus sollicités.

Plusieurs pathologies peuvent être responsables d'une détérioration de ces échanges neuronaux comme les accidents vasculaires cérébraux, la maladie d'Alzheimer, et d’autres maladies neurologiques.

Trois paramètres également essentiels vont conditionner le bon état du cerveau, organe noble et fragile et donc son bon fonctionnement :

  • l'apport suffisant en oxygène : assuré par une activité physique suffisante
  • l'apport de nutriments indispensables par une alimentation équilibrée et diversifiée
  • un système circulatoire cérébral en bon état : une bonne hygiène de vie permet de préserver le réseau vasculaire contre l'athérome qui rigidifie les parois artérielles (éviction du tabac, normalisation du taux de sucre et de graisses dans le sang, lutte contre le poids…).

Il existe plusieurs mémoires : sensorielle, à court terme, à long terme.

Nous enregistrons une information par l'intermédiaire de nos sens (essentiellement la vue et l'audition), nous la traitons, la stockons, puis nous la restituons quand nous en avons besoin.

En vieillissant nos capacités à retenir une information faiblissent, et nous avons plus de difficultés à restituer celle que nous avions stockée.

Cela est dû au vieillissement physiologique du cerveau (ralentissement des processus d'enregistrement et de restitution des informations, associé à une baisse fréquente de l'attention) ou des sens (problèmes auditifs ou visuels), à des facteurs biologiques (modification de la sensibilité aux neurotransmetteurs …) ainsi que des facteurs sociaux et /ou psychologiques (cessation d'activité professionnelle, anxiété, dépression).

Ainsi, en dehors des maladies déjà mentionnées ci-dessus, les petits trous de mémoire qui nous énervent tant et qui nous semblent s'aggraver lors de la cessation d'activité professionnelle ne sont pas pathologiques.

Nous devons juste adapter nos stratégies de mémorisation à ces émoussements fonctionnels : c'est un des objectifs des ateliers mémoire largement proposés aujourd'hui (comme l'atelier " Remue-mémoires ").

Ainsi une stimulation quotidienne de nos neurones par une vie sociale riche, une prise en charge précoce des problèmes auditifs et visuels, une activité physique régulière, une bonne hygiène de vie sont des leviers essentiels de prévention des troubles de la mémoire.