Journal N° 29 - 1er semestre 2013

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Editorial

Hommages

Je vous ai souvent parlé des belles vieillesses de notre temps.
Stéphane Hessel vient de nous quitter à 95 ans, dans le sommeil du "Juste" qu'il était.

Belle image d'un homme, romantique et créatif en même temps, engagé au plus profond dans l'histoire à la fois douloureuse et heureusede son temps.
Bonheur d'avoir battu le pavé parisien avec lui et tant d'autres pour les hommes et femmes de peu et de rien, les sans-papiers, les sans-abri, les sansvoix.
Il a passé la frontière entre la vie et la mort, disait-il, lui, l'homme sans frontières. « Qui sait si ce sera mieux ? » ajoutait-il.
Pour ses 88 ans (chiffres doubles dont chacun placé horizontalement figure l'infini) il avait rassemblé 88 poèmes qui ont été comme un compagnonnage en tous les temps.
Il les savait par coeur. Vous les trouvez dans un petit livre, édité aux éditions Points « Ô ma mémoire,la poésie, ma nécessité ? ». Lisez-le, c'est un bain de jouvence.
Vous allez retrouver des textes que nous avons ânonnés à l'école. En plus, il en a écrit une belle préface.

Le maire de Paris, Monsieur Delanoë et le maire du 13e, Monsieur Coumet, avaient convié Générations13 à l'inauguration de l'EHPAD Annie Girardot (Etablissement Hospitalier pour Personnes Âgées Dépendantes), dans le nouveau quartier de Rungis, dans cette rue qui porte également son nom.

Avec Yvonne Jourd’hui nous y sommes allés. Un très beau lieu que méritent ceux d'entre nous que la vie ne gâte plus.
Une surprise les attend : dans le hall d'accueil, une magnifique photo d'Annie Girardot. Elle avait dépassé les 80 ans mais sa mémoire l'avait quittée. Elle demeure pourtant dans notre pensée l'image de la beauté. La  beauté lui seyait bien. Quelle bonne idée d'avoir donné son nom à cette maison !

Maintenant, jeunesses et vieillesses éternelles s'y côtoient et j'ose penser, foi d'un soignant, que la bonté sera au rendez-vous.
Pour réunir ces deux hommages, je ne résiste pas à vous citer ces vers d'Apollinaire, chers à Stéphane Hessel,

« J'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens-t'en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends »

Henri POUSSET


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